La Skjálfandafljót, l'une des grandes rivières du nord de l'Islande, déverse ici ses eaux d'un seul bloc : 30 mètres de large, 12 mètres de hauteur, un arc en croissant taillé dans un plateau de lave noire. Goðafoss s'impose au voyageur avant même qu'il gare sa voiture, tant la cascade affleure la chaussée de la Route 1. La rivière tombe dans un large bassin qui recrache l'eau en remous turquoise avant de reprendre son cours vers l'Atlantique.
Le nom porte une histoire. Aux alentours de l'an 1000, le chieftain Þorgeir Ljósvetningagoði, chargé de trancher la question de la conversion de l'Islande au christianisme lors de l'Alþing, aurait jeté dans la cascade les statues de ses dieux nordiques pour symboliser le passage à la nouvelle foi. L'épisode est entré dans la mémoire collective du pays, même si les historiens relèvent aujourd'hui que le récit du lancer de statues n'apparaît pas dans les sagas islandaises contemporaines et semble être une addition plus tardive. La dimension historique du lieu dans la transition religieuse islandaise, elle, ne fait aucun doute : Þorgeir fut bien la figure centrale de la conversion de l'an 1000, et Goðafoss porte cette mémoire.
Pourquoi visiter Goðafoss ?
La cascade se distingue d'abord par sa forme. Contrairement à Dettifoss, qui s'impose par la puissance brute de son débit, Goðafoss dessine une courbe généreuse qui encadre le regard dans un demi-cercle de mousse et d'embruns. Par temps clair, l'eau chargée de minéraux prend une teinte bleu-vert intense qui tranche sur le basalte sombre des berges. Le contexte géologique contribue au caractère du lieu : toute la rive est recouverte d'anciens champs de lave, ce qui confère au paysage une austérité volcanique contrastant avec la vivacité de la chute.
Son accessibilité directe depuis la Route 1 en fait une étape de choix sur la Route Circulaire : aucun détour, aucune piste difficile, un parking gratuit de chaque côté de la rivière. En été, les deux rives se rejoignent par des sentiers aménagés pour un tour complet en moins d'une heure. Goðafoss se prête naturellement à une combinaison avec le lac Mývatn, à environ une heure de route à l'est, pour une journée riche dans le nord-est de l'Islande.
Que voir et faire à Goðafoss ?
La rive occidentale donne accès à la plateforme principale, d'où l'on embrasse la totalité de la courbe de la cascade, face aux deux bras de la chute et au bassin en contrebas. C'est le point de vue le plus complet, avec un sentier balisé qui longe la rivière vers l'amont pour une perspective plus plongeante sur les gorges. Le chemin est pavé et praticable sans équipement technique particulier.
La rive orientale, accessible depuis le café et l'auberge Fosshóll, propose un angle latéral : on se retrouve pratiquement au niveau de la cascade, dans les embruns, et l'on perçoit l'épaisseur du rideau d'eau. Les deux rives méritent la visite, chacune révélant un visage différent de la même chute. L'entrée est libre, sans horaires ni billetterie. Des toilettes sont disponibles côté est, au café Fosshóll.
Comment s'y rendre ?
Goðafoss borde directement la Route 1 (Route Circulaire), à environ 36 km à l'est d'Akureyri. La cascade est clairement signalée depuis les deux directions. Depuis Reykjavik, comptez environ 5 heures 30 de route en longeant la côte nord. Aucun véhicule 4x4 n'est requis.
Le parking occidental est accessible directement depuis la Route 1, à hauteur de la cascade, sur la rive gauche de la rivière. Pour le parking oriental, prenez la bifurcation juste avant le pont sur la Route 1, en direction du café et de l'auberge Fosshóll. Les deux parkings sont gratuits et ouverts toute l'année, 24h/24.
Parkings et stationnement
Parking 1 (gratuit) : 65.686040,-17.545531
Parking 2 (gratuit) : 65.683442,-17.540896
Temps de trajets approximatifs
Akureyri : ~35 min / ~36 km
Reykjavik : ~5h30 / ~420 km
Quand visiter Goðafoss ?
Le site est ouvert toute l'année, sans fermeture saisonnière. En été (juin à août), la lumière quasi-permanente permet de photographier la cascade à toute heure, y compris sous le soleil de minuit. La végétation herbacée autour du basalte prend des teintes vertes vives, et les jours sans vent permettent d'approcher la rive à quelques mètres des embruns sans se faire tremper.
En hiver, des stalactites se forment sur les berges et les zones d'embruns, et les alentours se couvrent de neige. La cascade elle-même ne gèle pas. Les chemins peuvent être verglacés : des chaussures à crampons facilitent la visite. Avant de partir, vérifiez l'état de la Route 1 sur road.is : la route peut être temporairement fermée lors des épisodes de neige intense dans cette partie du nord islandais.
Le printemps (avril à juin) et l'automne (septembre à octobre) attirent moins de monde, avec une lumière rasante qui met en valeur la texture du basalte et les teintes changeantes de la végétation. L'affluence est maximale de la mi-juillet à la fin août, période où les bus touristiques s'arrêtent régulièrement sur les deux parkings.