Askja n'est pas une montagne qu'on longe en passant : c'est une destination à part entière, qui exige de planifier l'excursion comme une journée complète. La caldeira se niche dans le massif de Dyngjufjöll, au sein du vaste désert de lave d'Ódáðahraun, l'une des régions les plus isolées d'Islande. Aucune route goudronnée n'y mène, aucun village n'attend à proximité.
Pourquoi visiter Askja ?
Askja doit sa configuration actuelle à l'éruption du 29 mars 1875, l'une des plus puissantes de l'histoire islandaise moderne. Le volcan a projeté des cendres jusqu'en Scandinavie et les retombées ont forcé des milliers d'habitants de l'est du pays à émigrer vers l'Amérique du Nord. A l'intérieur de l'ancienne caldeira, une nouvelle dépression s'est formée puis remplie d'eau : c'est Öskjuvatn, aujourd'hui le lac d'eau douce le plus profond d'Islande, avec environ 220 mètres de fond et 11 km² de superficie. La dernière éruption date de 1961.
Le décor de lave noire, de sable volcanique et de crêtes dénudées du Dyngjufjöll donne une impression de bout du monde qui a marqué jusqu'aux astronautes américains : en 1965, des membres de la mission Apollo ont utilisé Askja comme terrain d'entraînement avant leurs vols vers la Lune. Pour qui connaît Krafla et son lac de cratère au bord de Mývatn, Askja offre une expérience comparable mais dans un isolement autrement plus profond.
Que voir et faire à Askja ?
Depuis le parking de Vikraborgir, un sentier balisé de 2,5 km conduit à travers un champ de lave jusqu'au rebord de la caldeira et au cratère Víti. Comptez 30 à 40 minutes dans un sens sur un terrain en légère montée. Le sentier est généralement bien entretenu mais le vent peut s'y lever brusquement : des vêtements chauds restent nécessaires même en juillet.
Víti est un petit cratère distinct, dont les eaux géothermiques affichent une couleur blanche à bleutée et une température d'environ 22°C. Contrairement au grand lac Öskjuvatn, beaucoup trop froid pour s'y baigner, Víti accueille les visiteurs sur ses berges. La descente vers l'eau est raide et les berges glissantes : la prudence s'impose, notamment par temps humide.
Depuis le rebord de la caldeira, le panorama sur Öskjuvatn et sur les crêtes sombres des Dyngjufjöll est le moment fort de la visite. La coexistence de ces deux plans d'eau de nature différente, séparés par une simple crête rocheuse, raconte l'histoire volcanique du site mieux que n'importe quelle explication.
A une quinzaine de kilomètres vers le nord sur la F910, Herðubreið se distingue par son profil tabulaire caractéristique : la "reine des montagnes" d'Islande mérite un arrêt photo sur le chemin du retour.
Comment s'y rendre ?
Deux itinéraires permettent de rejoindre Askja, tous deux réservés aux 4x4 à haute garde au sol.
L'itinéraire F905-F910 est celui à privilégier pour un premier voyage : depuis la Route 1 à la hauteur de Möðrudalur, la F905 (21 km) rejoint la F910, qu'on suit vers le sud-est jusqu'à la jonction avec la F894 menant au parking de Vikraborgir. Les traversées de rivières sur cet axe sont habituellement modestes et la plupart des loueurs l'autorisent.
L'alternative est la F88 (Öskjuleið, 79 km depuis la Route 1) : elle est plus courte en distance mais inclut la traversée de la rivière Lindaá, plus conséquente et imprévisible en période de crue. Certains loueurs l'interdisent contractuellement. Consultez road.is et votre contrat de location avant de décider.
Depuis Mývatn, point de départ habituel pour les excursions vers Askja, comptez 4 à 6 heures de piste aller selon les conditions du jour et les traversées de rivières. Depuis Reykjavik, le trajet total avoisine 7 à 10 heures, ce qui impose en pratique de dormir au moins une nuit dans le nord avant ou après l'excursion.
Quand visiter Askja ?
Les routes F menant à Askja ferment hors saison. Elles ouvrent en général entre mi-juin et début juillet selon l'enneigement de l'année, et ferment début septembre. La date exacte varie chaque année : consultez road.is avant de partir pour éviter un aller à perte sur une piste encore fermée.
Juillet et août offrent les meilleures conditions, avec des routes stabilisées et des nuits longues et lumineuses. L'ensoleillement de minuit de juin-juillet permet de repartir en soirée après une journée entière sur place. Vent et pluie restent possibles à tout moment dans les Hautes Terres : prévoyez toujours des vêtements chauds et imperméables.
En hiver, Askja est inaccessible au public en général, sauf excursions en superjeep avec des opérateurs spécialisés et selon les conditions météorologiques. Pour une première visite, programmez votre excursion entre fin juin et fin août, dans la fenêtre la plus fiable de l'année.