Une immense plage de sable noir volcanique, le vent, et au milieu de rien, la silhouette blanche d'un avion. Le contraste entre le métal blanchi du fuselage et l'étendue sombre et nue de Sólheimasandur est ce qui rend ce site impossible à oublier.
Ce Douglas C-117D de l'US Navy s'est écrasé ici le 21 novembre 1973, lors d'un vol de ravitaillement depuis Höfn vers la base de Keflavík. L'armée a récupéré les équipements, mais a laissé l'avion sur place. Depuis, il n'a pratiquement pas bougé.
Pourquoi visiter l'épave du DC-3 ?
L'histoire de l'accident mérite d'être racontée. Lors de ce vol, les deux moteurs se sont arrêtés à cause du givrage. C'est le copilote Gregory Fletcher qui a pris les commandes, décidant de descendre vers le sud en espérant rejoindre l'océan. Sous les nuages, il a aperçu une étendue sombre qui lui a rappelé la surface de la lune. C'était Sólheimasandur. Il a posé l'avion sur le sable gelé à quelques mètres des vagues, et les sept membres d'équipage sont sortis indemnes.
La structure principale du fuselage est restée remarquablement intacte depuis, exposée aux vents et aux tempêtes de la côte sud d'Islande. Le sable noir qui l'entoure est un sédiment volcanique charié par les rivières glaciaires du Mýrdalsjökull et de l'Eyjafjallajökull, les deux glaciers visibles au nord depuis la plage. Ce paysage désolé, sans arbre ni repère, confère au lieu une atmosphère radicalement différente des fjords et des cascades du reste de l'île. L'accès à l'intérieur de l'épave est possible par une ouverture sur le flanc droit de l'appareil.
Que voir et faire à Sólheimasandur ?
La photographie est l'activité principale. La lumière change constamment sur ce terrain ouvert et exposé : un ciel d'orage produit des atmosphères dramatiques, la lumière basse de l'hiver couvre le métal d'une teinte dorée, et en été les nuits blanches permettent des sessions tardives sous un ciel encore éclairé. Arriver tôt le matin ou en fin de journée permet d'éviter les groupes et de profiter d'une lumière plus travaillée.
La marche d'approche de 4 km fait elle aussi partie de l'expérience. Le sentier balisé traverse un terrain plat, entièrement exposé au vent. La plage de sable noir s'étend sur plusieurs kilomètres dans les deux sens : ce vide contraste fortement avec les sites naturels boisés ou rocheux de la région, et l'arrivée sur l'épave n'en est que plus forte. Pour une journée complète sur cette portion de côte, Reynisfjara, la grande plage aux colonnes de basalte, se combine naturellement avec ce site.
Comment s'y rendre ?
Le parking se situe sur la Route 1, à environ 6 km à l'est de Skógafoss et 27 km à l'ouest de Vík. Il est payant : 750 ISK par véhicule, à régler via l'application Parka (carte bancaire uniquement, pas d'espèces). Depuis le parking, la marche jusqu'à l'épave est de 4 km aller, sur terrain plat et sans abri. Comptez 45 minutes à 1 heure dans chaque sens selon l'allure et les conditions de vent.
Une navette part depuis le parking toutes les 30 minutes environ, entre 10h00 et 16h30, et met 10 à 15 minutes pour atteindre l'épave. C'est une option utile par mauvais temps ou avec de jeunes enfants. En revanche, conduire jusqu'à l'épave est strictement interdit depuis 2016 : l'accès motorisé à la plage est prohibé et les contrevenants s'exposent à de lourdes amendes.
Temps de trajets approximatifs
Reykjavík : ~2h15 / ~164 km
Höfn : ~2h45 / ~215 km
Akureyri : ~6h30 / ~535 km
Egilsstaðir : ~4h45 / ~390 km
Quand visiter l'épave du DC-3 ?
Le site est accessible toute l'année. En été, les longues journées permettent de visiter à n'importe quelle heure, y compris sous la lumière de minuit. La fréquentation est à son pic entre juin et août : arriver avant 9h ou après 18h réduit sensiblement le nombre de visiteurs sur le sentier. Le printemps et l'automne offrent une belle alternative, avec moins de monde, des conditions de marche clémentes et une lumière souvent de qualité. La météo de la côte sud peut changer très vite : un ciel dégagé au départ peut se couvrir en moins d'une heure.
L'hiver offre des conditions photographiques souvent plus saisissantes, avec des lumières rasantes, de la neige possible sur le sable noir et des ciels changeants. Mais les températures sont basses et le vent peut souffler fort sur cette plage exposée : prévoyez des couches thermiques, un imperméable et des chaussures étanches pour la marche de 4 km. Aucune toilette n'est disponible sur le site ni au parking. Emportez de l'eau et des en-cas.