À l'est du parc national de Vatnajökull, là où le glacier Breiðamerkurjökull plonge vers la mer, une lagune s'est creusée au fil du retrait des glaces. Jökulsárlón n'existait pas avant les années 1930 : c'est la fonte progressive du glacier, amorcée dans la décennie précédente, qui a dégagé ce plan d'eau à partir de 1934. Depuis, il ne cesse de s'étendre. Il couvre aujourd'hui environ 11 km², contre moins de 3 km² dans les années 1970, et les icebergs qui s'y détachent peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres avant de fondre lentement sur leur chemin vers l'Atlantique.
Le spectacle est particulièrement saisissant à l'aube et au coucher du soleil, quand la lumière rasante transforme les blocs de glace en sculptures aux teintes bleues et blanches, parfois striées de noir : ces bandes sombres sont des couches de cendres volcaniques piégées dans la glace au fil des siècles.
Pourquoi visiter Jökulsárlón ?
Jökulsárlón est une des rares lagunes glaciaires directement accessibles depuis la route circulaire, sans randonnée ni véhicule spécialisé. On peut s'approcher des icebergs à pied, longer la rive ou simplement rester au bord pendant que les blocs défilent lentement vers le chenal qui débouche sur l'Atlantique. C'est un des seuls endroits au monde où l'on observe ce flux continu, du glacier à l'océan, depuis le parking en quelques minutes de marche.
La lagune fait partie du parc national de Vatnajökull, le plus vaste parc national d'Europe. Cette appartenance garantit la préservation du site et encadre les activités sur place, notamment les excursions en bateau qui opèrent sous le contrôle des gestionnaires du parc.
Les phoques fréquentent régulièrement la lagune. Ils nagent entre les icebergs ou se laissent porter sur les blocs flottants. En juillet, période de mise bas des phoques communs en Islande, les observations depuis la rive sont particulièrement faciles.
Que voir et faire à Jökulsárlón ?
La promenade au bord de la lagune permet de longer les icebergs de près, depuis la rive nord ou les abords du pont qui enjambe le chenal. Ce chenal, étroit et rapide, conduit les blocs de glace jusqu'à la mer, où ils s'échouent sur le sable volcanique noir de la Diamond Beach, à quelques centaines de mètres à peine. Sur cette plage, les fragments translucides captent la lumière de façon remarquable, et leur couleur change selon l'heure. Les deux sites se visitent naturellement ensemble et occupent entre deux et trois heures.
Des excursions en bateau sont proposées de mai à octobre. Les bateaux amphibies (environ 35 minutes) naviguent parmi les icebergs dans des conditions calmes, accessibles à tous. Les Zodiac (environ 1h15) s'approchent davantage de la face du glacier. En haute saison (juillet-août), les départs ont lieu environ toutes les 30 minutes.
À une dizaine de kilomètres à l'ouest, le lagon de Fjallsárlón est plus petit et plus tranquille : le glacier y est visible de très près depuis la rive, et la fréquentation y est nettement moins dense. La plupart des voyageurs combinent les deux sites lors d'une même étape.
En hiver, Jökulsárlón reste accessible et constitue un point de départ pour les excursions dans les grottes de glace du glacier Breiðamerkurjökull. Ces sorties guidées ont lieu de novembre à mars et permettent d'explorer les tunnels de glace aux reflets bleutés formés à la base du glacier.
Comment s'y rendre ?
Jökulsárlón se trouve sur la Route 1 (route circulaire), à environ 380 km à l'est de Reykjavik. La lagune est clairement signalée depuis la chaussée. En longeant la route vers l'est depuis la capitale, on passe par Vík puis par Skaftafell, où se trouve la cascade Svartifoss et ses colonnes de basalte, avant d'atteindre la lagune.
Le parking principal est payant (environ 1 000 ISK, règlement via l'application Parka), avec une validité couvrant aussi les parkings de Diamond Beach sur la même journée. Pour éviter ces frais, deux zones de stationnement gratuites se trouvent sur le bas-côté de la Route 1, à 600 m et 1,3 km du pont, depuis lesquelles on rejoint le site à pied.
Temps de trajets approximatifs
Reykjavik : ~4h30 / ~379 km
Quand visiter Jökulsárlón ?
La lagune est accessible toute l'année, sans frais d'entrée. L'expérience change selon la saison, mais aucune période n'est décevante à condition d'adapter ses attentes.
En été (juin-août), les bateaux fonctionnent à plein régime, les journées sont longues et la lumière de minuit donne aux icebergs des reflets inhabituels. Les phoques se montrent volontiers, surtout en juillet. La fréquentation est maximale sur cette période, ce qui peut allonger l'attente au parking et aux bateaux.
Au printemps et en automne, la fréquentation baisse, les conditions météo restent correctes et les excursions en bateau restent disponibles jusqu'en octobre. C'est souvent la meilleure fenêtre pour profiter du site au calme tout en accédant aux activités estivales.
En hiver, la lagune prend un autre visage. Les icebergs peuvent être partiellement figés, les aurores boréales apparaissent au-dessus de l'eau lors des nuits dégagées, et les grottes de glace sont à leur meilleur. La Route 1 reste généralement praticable en voiture standard, mais les conditions sur ce tronçon du sud-est peuvent changer rapidement : consulter road.is avant le départ reste recommandé. Jökulsárlón s'inscrit dans un axe riche en sites naturels : la région du Sud de l'Islande concentre sur la même route des cascades, des glaciers et des plages de sable noir qui se visitent en plusieurs jours.