À l'extrémité d'une péninsule basaltique qui avance dans l'Atlantique, Dyrhólaey se reconnaît de loin à sa silhouette découpée : un promontoire de 120 mètres de haut dont la base est percée d'une arche naturelle au ras de l'eau. Son nom islandais signifie "l'île de la porte rocheuse", une description exacte de ce pont de pierre entre la côte sud islandaise et l'océan ouvert.
La formation est ancienne. Il y a environ 100 000 ans, une éruption volcanique sous-glaciaire a fait surgir cette masse basaltique du fond marin. L'érosion des vagues a ensuite creusé, pendant des millénaires, l'ouverture au bas de la falaise. Cette arche est assez large pour qu'un bateau de pêche la traverse par mer calme, et l'histoire locale retient qu'un pilote l'a même franchie en petit avion.
Pourquoi visiter Dyrhólaey ?
La vue depuis le sommet du promontoire est la raison principale de s'arrêter ici. Depuis le phare, le panorama s'ouvre sur un paysage caractéristique du sud islandais : au nord, la calotte glaciaire du Mýrdalsjökull ; à l'est, la plage de sable noir de Reynisfjara et les aiguilles volcaniques de Reynisdrangar qui percent l'océan ; à l'ouest, le littoral qui court vers Skógafoss. Par temps dégagé, les contrastes entre le noir du basalte, le blanc du glacier et le bleu de l'Atlantique composent un tableau difficilement oublié.
Le phare lui-même mérite l'attention. Une première structure en fer forgé d'origine suédoise a été érigée ici en 1910, la toute première de ce type construite en Islande. L'édifice en béton que l'on voit aujourd'hui date de 1927, dessiné par l'architecte d'État Guðjón Samúelsson. Avec une portée lumineuse de 118 mètres au-dessus de la mer, il reste l'un des phares les plus puissants du pays et guide encore les navires longeant cette côte exposée.
Le deuxième attrait du site, c'est l'observation des macareux. De mai à août, les falaises herbeuses du cap accueillent des colonies de macareux moines venant nicher dans des terriers creusés dans la tourbe. Les sentiers du plateau supérieur permettent de les approcher à quelques mètres lorsque les oiseaux rentrent de la mer. Dyrhólaey est considéré comme l'un des meilleurs sites d'observation des macareux du pays.
Que voir et faire à Dyrhólaey ?
Le site se découvre depuis deux niveaux distincts. Le parking supérieur (Háey), accessible par une route en gravier montant depuis la route 218, conduit directement au phare et aux bords de la falaise. C'est depuis ce plateau qu'on a la meilleure vue plongeante sur l'arche et sur la côte. Une marche de dix minutes sur sentier balisé suffit pour atteindre les différents belvédères.
Le parking inférieur (Lágey) ouvre sur une autre perspective : on peut avancer vers la plage de sable noir qui s'étend sous les falaises et observer l'arche depuis le rivage, ce qui en rend mieux l'échelle. Les toilettes publiques se trouvent à cet endroit.
Une règle de sécurité s'impose : il est interdit et dangereux de tenter de descendre jusqu'à l'arche depuis les falaises. Les sentiers balisés offrent toutes les vues nécessaires. Il est aussi fortement recommandé de rester sur les chemins délimités pour ne pas piétiner les terriers des oiseaux nicheurs dans la végétation rase du sommet.
Comment s'y rendre ?
Depuis la route 1 (Ring Road), prendre la route 218 vers le sud en direction du cap. Cette route rejoint d'abord le parking inférieur de Lágey, puis continue en gravier avec une pente prononcée jusqu'au parking supérieur au pied du phare. En été, une voiture standard suffit : la route 218 est praticable sans véhicule tout-terrain. En hiver, la portion en gravier peut être verglacée et un 4x4 est alors conseillé. La plage de Reynisfjara se trouve à quelques kilomètres à l'est et se combine facilement dans la même demi-journée.
Parkings et stationnement
Parking 1 (gratuit) : 63.404003,-19.129043
Parking 2 (gratuit) : 63.404817,-19.107006
Temps de trajets approximatifs
Reykjavík : ~2h15 / ~185 km
Höfn : ~3h30 / ~265 km
Akureyri : ~4h45 / ~385 km
Egilsstaðir : ~5h30 / ~465 km
Quand visiter Dyrhólaey ?
Le site est accessible toute l'année, mais les conditions varient sensiblement. De juin à août, les journées sont longues, la météo plus clémente et les macareux présents. C'est la période la plus fréquentée : arriver tôt le matin permet d'éviter les files aux parkings, surtout sur le secteur supérieur.
Entre le 8 mai et le 25 juin, l'accès aux sentiers du plateau supérieur est limité aux horaires de 9h à 19h pour protéger les sites de nidification des oiseaux marins. L'Environment Agency d'Islande (Umhverfisstofnun) impose cette restriction chaque année, sur avis d'un ornithologue. Hors de ces horaires, la zone haute est fermée.
En automne, les lumières rasantes de septembre et octobre donnent des teintes chaudes aux falaises de basalte et les visiteurs sont beaucoup moins nombreux. En hiver, le site reste accessible par beau temps, mais le vent en haut de la falaise peut être violent et les macareux sont absents jusqu'au printemps suivant.